Spleen

Lundi 25 mai 2009

Je ne pense pas souvent à la mort, non, pas souvent.
C'est que notre vie est tellement remplie, tous les jours le travail, les amis le week end, les maladies du petit, les tracas au boulot, que je n'y pense pas.

Aux défunts que j'ai aimés, oui, mais à la mort en elle-même, non.

C'est même plutôt elle qui se rappelle à mon bon souvenir. Et ce, de façon souvent très soudaine.

J'ai donc appris le décès de mon oncle, lundi dernier, d'un message sur mon répondeur, alors que j'attendais que des docs sortent de l'imprimante du boulot.

ça faisait longtemps que notre famille n'avait pas été touchée par un décès, donc ça m'a fait bizarre. Alors, départ aux Sables d'Olonne.

C'est con à dire, mais quand une personne meurt, j'aime bien (si je puis dire) aller la voir dans la chambre funéraire, lui dire au revoir, la toucher. Comme ça, ça m'aide aussi à réaliser que la personne est bien morte.

Me voilà donc partie le jeudi soir, à 20 heures, au funérarium voir mon oncle.

J'ouvre la porte de la chambre funéraire. Eclairage tamisé, musique classique très bas. Le cercueil est au fond de la chambre. Je ferme la porte. C'est la première fois que je me trouve dans une pièce, seule avec un mort. Je m'approche, il semble dormir, j'ai envie de lui dire de se réveiller. Je le touche, il est gelé. Je l'embrasse. Une dernière fois. Je lui parle, ayant conscience d'être ridicule ;  je l'imagine qui bouge, ouvre les yeux, mais non.

Face à la mort. Merde alors, ça m'a fait tout drôle.


Par Helene
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Mercredi 18 mars 2009
...A mon petit frère hospitalisé à cause d'un p*** de pneumothorax !!!
On a eu peur...



Par Helene
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Vendredi 9 janvier 2009
( Article datant de février 2008, lors de la tombée du verdict. )

15 novembre 2003, un samedi.

Je m’en rappelle comme si c’était hier…c’était la fin de construction, on faisait plein d’heures sup. On avait travaillé ce samedi, le matin, en passant maintes et maintes fois sur la passerelle, oui, celle qui s’est écroulée dans l’après-midi.

Le Queen Mary 2, c’était notre bébé. C’est nous qui l’avons fait, de A à Z.

Des heures de travail, dans la chaleur, dans le froid. Des rencontres, des coups de gueule, des rires, de la pression pour tenir les délais, de la solidarité, une vraie fourmilière.

Et là, en cette fin d’année 2003, on était heureux car il était bien fini, et à temps. Chaque salarié pouvait faire des visites privées. Ces visites se faisaient le week end, les familles, les amis venaient voir ce géant des mers, cette ville flottante.

Un de mes collègues m’avait demandée de l’accompagner, lui et sa famille, à la visite du paquebot. C’était prévu le samedi 15 novembre, à 15 heures 30. Dans la semaine, je lui ai demandé d’avancer d’une demi-heure, mais il ne pouvait pas : tant pis. J’ai su plus tard que ça nous a sauvé la vie.


15 novembre 2003.

J’arrive sous des trombes d’eau, au lieu de rendez-vous, vers 15 heures. Je rencontre mon collègue qui me dit qu’il est arrivé quelque chose ; en effet, je vois des camions de pompiers, des gens choqués.

La passerelle s’est écroulée, et il se trouve que le bateau était en cale sèche. ça veut dire que les personnes qui étaient dessus à ce moment là, sont tombées dans le vide sur une profondeur de dix-huit mètres.

Dans la cale de béton.

Je n’arrive pas à y croire. Ce n’est pas possible…non…eh bien si.

15 morts, 29 blessés.

Ma mère m’appelle. Elle n’est pas au courant car elle doit aller au chevet de sa mère mourante.

Choc de la passerelle le samedi. Mort de ma grand-mère le lendemain.

La semaine qui a suivi : enterrement de ma grand-mère, marche silencieuse pour les victimes de la passerelle.

J’apprends que Nicolas a perdu sa femme et ses enfants, car pendant qu’ils traversaient la passerelle, il est resté discuter avec le gardien. Qu'alors que Valérie s’engageait sur la passerelle, quelqu’un l’a bousculée pour passer devant elle. Elle a dû rester sur le quai, et sous ses yeux la passerelle est tombée. Le type qui l’avait bousculée est mort.

Quand je me remémore le week end du 15 novembre 2003, le pire week end que j'ai vécu, à chaque fois je suis sous l'émotion, même cinq ans plus tard.

Notre vie ne tient qu’à un fil.


Par Helene
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Vendredi 5 septembre 2008
 ( Paroles de la chanson "Dégueulasse", de Christophe Miossec )

C'est dégueulasse de m'avoir quitté si tôt
D'avoir ainsi fait volte-face
Sans même me laisser le moindre mot
Remboursez le prix des places

C'est dégueulasse d'avoir fait le grand saut
D'avoir quitté ta petite carapace
Est-ce que tu vois mieux de là-haut ?
Aimes-tu ta nouvelle paroisse ?

C'est dégueulasse de t'être ainsi jetée à l'eau
D'avoir plongé sous la surface
Désormais qui devra tenir le seau ?
Qui te prendra en chasse ?



                                 C'est dégueulasse d'avoir tiré le rideau
                                 D'avoir fait un jour relâche                                                       
                                 Avant d'avoir dit ton dernier mot
                                 Etais-tu vraiment si lasse ?

                                                       
                                 C'est dégueulasse de m'avoir tiré dans le dos
                                 De ne m'avoir rien dit en face
                                 C'est comme si il y avait quelque part            
                                 Un défaut, une sorte de fêlure dans la cuirasse

                                  C'est dégueulasse d'avoir quitté ta peau 
                                  Au printemps ou à la fonte des glaces
                                  Que ce soit le coeur ou la moto
                                  Pas une vie sur terre ne se remplace

                                                               
                                 C'est dégueulasse de ne pas avoir sorti un mot
                                 Quand il aurait fallu un mot pour que tout passe
                                 On aurait pu se retrouver à nouveau
                                 Pour l'ouverture de la chasse

                                 C'est dégueulasse de m'avoir quitté si tôt
                                 D'avoir ainsi fait volte-face
                                 Sans même me laisser le moindre mot
                                 Remboursez le prix des places

                                 Comme c'est dégueulasse
                                 Comme c'est dégueulasse
  
Par Helene
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Mercredi 27 août 2008

 ( Dessin de Tito ) La journée, ça va. Quand on doit s'occuper d'un bébé, il faut être en forme. La journée, je vois du monde, je n'y pense plus, sauf quand je suis seule. A chaque fois que je suis seule d'ailleurs. Quand on m'appelle pour en parler, je peux même évoquer Laurie sans pleurer, ce que je ne pouvais pas faire avant.

Mais la nuit tombée, elle revient. La culpabilité. Elle s'immisce dans mon esprit et elle me dit que j'aurais dû, j'aurais dû, j'aurais dû...insister pour aller la voir. Lui téléphoner, souvent. Insister quand elle ne répondait pas.
Aller la voir avec mon fils, avec une guitare, n'importe quoi, pour lui changer les idées. Que je n'ai pas bossé pendant 6 mois et que je n'ai même pas pris le temps d'aller la voir.

Que quand elle m'écrivait qu'elle était en arrêt maladie, je n'ai pas osé insister.

J'ai honte, honte.

Mes amis, virtuels et non virtuels me disent que ça n'aurait rien changé...

Une partie de moi me dit que vous avez raison, et une partie noire de moi me dit que j'aurais dû être plus présente pour Laurie.

Le soir, c'est glauque. Je dors mal. ça ne changera rien.

Reste plus qu'à être présente pour ceux que j'aime. ça rachètera peut-être le fait que je n'aie pas pu contribuer à sortir la tête de Laurie de l'eau.

Merde alors, c'est dur.

Désolée de plomber l'ambiance, et de vous gonfler avec ça, mais il fallait que ça sorte...

Par Helene
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Dimanche 24 août 2008
Je suis revenue de vacances cette nuit, vers une heure du matin... je jette un bref coup d'oeil sur mes mails, bien décidée à aller me coucher car fatiguée de ce long trajet en voiture !

Et là un mail me saute aux yeux : il m'annonce le suicide d'une amie d'enfance. Son enterrement était lundi. Dans un mois elle aurait fêté ses 30 ans.

Elle habitait à 5 minutes de chez moi, on avait des contacts par mails, elle voulait venir voir mon fils mais disait qu'elle était malade.

Et moi comme une conne je ne me suis aperçue de rien, je n'osais pas insister pour aller la voir.

Et moi je n'avais rien compris.

Je n'ai pas pu fermer l'oeil de la nuit, et je suis complétement sous le choc.
Par Helene
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