Je connais Noisy depuis peu, mais il m'est tout suite apparu comme sympathique ! On partage un amour pour la musique et on a à peu près les mêmes goûts...
J'aime bien cet article, et comme j'aime bien les Babyshambles, je ne peux que confirmer que c'est un grand groupe de rock !


Nous sommes restés très sages en attendant la venue de Babyshambles sur scène ;Pas de sandwich, pas de frites, pas de bière. Assis au milieu de nos compagnons de soirée, juste avant le contrebas qui ne nous offrira pas une belle vue d’ensemble du groupe. Autour de nous, 2 potes de Carcassonne avec qui nous parlons Arctic monkeys et Strokes. Un père et son fils, le papa tout fier de nous dire que son fils est batteur. « Ah oué ? Putain je remonte un groupe tu veux pas jouer avec moi ?  Ben oui mais j’habite Béziers ! » Tant pis. Un couple d’amoureux, et des minettes venues voir Pete. Tiens en parlant de Pete, alors que la scène est vide en attendant que les techniciens installent le matos du quatuor une clameur monte et enfle d’un seul coup. Merde mais oui, c’est lui. Pete en slim noir et débardeur gris, clope au bec, pousse un ampli sur la scène. Du coup tout le monde s’est levé. Ça crie ça hurle. C’est strident : « Peeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeete ! Peeeeeeeeeeeeete ! ». il sourit, salue, et repart backstage pour revenir une minute plus tard avec un pied de micro à la main. Re hurlements, re mouvement de foule. Re salut et cette fois ci il est parti pour de bon. Enfin jusqu’au set.

 

On s’impatiente, ça commence à parler plus fort, à bouger. La foule devient de plus en plus compacte. Le noir se fait. Intégral. Une lumière bleue tamise (c’est pas un jeu de mots) la scène. Une fumée épaisse vient l’envahir…et les voilà ! ça y est Pete, Mick, Drew et Adam (le plus clair des quatre à ce qu’il me semble).
C’est parti pour un set d’une heure pile. Un set rock, violent, émouvant parfois. J’ai l’impression que Pete est agacé par ce public qui ne comprend pas ce qu’il dit . On se fait engueuler car nous n’avons pas repris les paroles en chœur. Pete nous explique comment et à quel moment il fallait le faire, mais apparemment les froggies sont hermétiques à ses paroles. Comme aux plus belles heures du punk Pete molarde sur les gens devant. Pour une fois je suis content de ne pas être au premier rang.
«Killamangiro, Carry on up the morning », “delivery/what Katie did”, “time for heroes” défilent à une vitesse vertigineuse. Je suis bluffé par le son du groupe. Ils jouent fort, vite, avec des plantons dans les accords ou les notes dans les solos parfois, mais c’est du live bon sang, c’est du rock. Leur son est magnifique. On distingue les moindres notes de chaque instrument. La voix de Pete est juste et en place (sauf quand il râle après nous). Tantôt pleine d’émotion, tantôt rageuse. Ils vont nous gratifier d’une longue intro instrumentale de « Albion ». Ces mecs sont des pros. Ils assurent grave. Le jeu du bassiste est sublime. Rageur et juste à la fois. Un Paul Simonon en puissance. Pete s’arrête parfois de jouer durant les morceaux afin de boire un verre de vin rouge. Il taxe les cigarettes que s’allume Mick qui se voit aussitôt ravitaillé par un roadie.
Sous les yeux ébahis du public médusé, le set se déroule sans faille. On passe des Kinks aux Who, par les Beatles, les Stones, l’esprit des Clash, des Buzzcocks et même des Sex pistols est présent dans cette chaude nuit d’été. Toute l’histoire du rock défile en chansons. Le reggae ne manque pas à l’appel lui non plus avec un « i wish » d’anthologie. Pete maltraite ses instruments (au fait il joue sur Rickenbacker la plupart du temps. Un signe n’est ce pas ?) maltraite son micro qu’il frappe plusieurs fois contre le sol, contre les retours. Il va même à un moment (fuck forever) le lancer à une dizaine de mètres. Les roadies ont vraiment beaucoup de boulot. Preuve en est la petite bataille entre Pete et Drew qui vont à tour de rôle faire voler en éclats le micro chant de l’autre en un shoot bien placé. Oui, ça rigole bien sur scène.
Mais déjà les premiers accords (réussis) de « fuck forever » sonne la fin du set. C’est une version pleine de tension à laquelle nous avons droit. Pete à chaque début de refrain nous montrera ses doigts en signe de « fuck ». Il va balancer son pied de micro sur les spectateurs en face de lui, il ira chanter debout sur son Vox, chancelant (un rodie maintient le tout en équilibre), pour la ènième fois son micro va voler dans les airs avant d’aller s’écraser sur la scène, le vox va faire un vol plané, le kit de batterie est malmené et détruit en partie, les larsens se font entendre, c’est la fin du morceau, le feeback vrille dans nos oreilles. Pete est sorti de scène après avoir donné un de ses chapeaux à une fille devant lui, les 3 autres le suivent. Drew en dernier, nous jetant toutes les cannettes de bière (pleines) qu’ils n’ont pas touchées.
Pas de rappel. C’est fini. Je suis là en train de me demander si j’ai vraiment assisté à ce concert ou bien si c’était seulement un rêve. Kar All et moi n’échangeons aucun mot pendant quelques minutes. Nous sommes sans voix. Nous venons d’être les victimes d’un raid sonore sublime. Nous venons de voir un TRES GRAND GROUPE de ROCK.

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